L’Assemblée nationale du Venezuela affirme que des milliers de personnes ont retrouvé leur liberté grâce à une nouvelle loi d’amnistie.
Publié le 25 février 2026
Une commission spéciale de l’Assemblée nationale du Venezuela rapporte que plus de 3 200 personnes ont été libérées de prison depuis que la loi d’amnistie est entrée en vigueur la semaine dernière.
Les chiffres, annoncés mardi, incluent d’anciens prisonniers et des individus qui étaient auparavant assignés à résidence ou soumis à d’autres mesures judiciaires restrictives.
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Le député Jorge Arreaza, chef de la commission chargée de superviser la mise en œuvre de l’amnistie, a déclaré lors d’une conférence de presse que les autorités avaient reçu un total de 4 203 demandes d’amnistie depuis l’adoption de la loi le 20 février.
Arreaza a déclaré qu’après avoir évalué ces demandes, 3 052 personnes précédemment assignées à résidence ou soumises à d’autres mesures restrictives ont obtenu une liberté totale. En outre, 179 personnes emprisonnées ont également été libérées.
La semaine dernière, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a signé la loi d’amnistie après qu’elle ait été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, ce qui, selon les autorités, vise à apaiser les tensions politiques, à promouvoir la réconciliation et à accélérer la libération des prisonniers politiques.
Lors de sa signature, Rodriguez a déclaré que la loi montrait que les dirigeants politiques du pays « abandonnaient un peu d’intolérance et ouvraient de nouvelles voies politiques au Venezuela ».
Des personnalités de l’opposition ont critiqué l’amnistie, qui semble inclure des exceptions pour certaines infractions précédemment utilisées par les autorités pour cibler les opposants politiques de l’ancien président Nicolas Maduro.
Les critiques affirment que la loi ne s’applique pas explicitement aux personnes poursuivies pour « avoir favorisé » ou « facilité… des actions armées ou forcées » par des acteurs étrangers contre la souveraineté du Venezuela.
La loi exclut également l’amnistie pour les membres des forces de sécurité reconnus coupables d’accusations liées au terrorisme.
Des centaines de détenus ont déjà bénéficié d’une libération conditionnelle du gouvernement de Rodriguez depuis le raid américain meurtrier qui a conduit à l’enlèvement de Maduro le mois dernier.
Les experts des droits de l’homme des Nations Unies ont accueilli l’amnistie avec « prudence », soulignant qu’elle doit s’appliquer à toutes les victimes de poursuites illégales et être intégrée dans un processus global de justice transitionnelle conforme aux normes internationales.
Des centaines, voire des milliers de Vénézuéliens ont été emprisonnés ces dernières années pour des complots, réels ou imaginaires, visant à renverser le gouvernement de Maduro, qui a été transporté par avion à New York après son enlèvement par l’armée américaine.
L’association de défense des droits des prisonniers basée au Venezuela, Foro Penal, a déclaré mardi n’avoir vérifié que 91 « libérations politiques » depuis l’entrée en vigueur de la loi d’amnistie le 20 février.
L’organisation a ajouté qu’elle a demandé un réexamen de 232 cas actuellement exclus de l’amnistie et que près de 600 personnes restent en détention.



