Le scandale de la CAN 2025 prend une tournure systémique. Selon une enquête de Romain Molina pour Sport News Africa, l’attribution du titre au Maroc par le Jury d’Appel de la CAF ne serait pas le fruit d’une justice indépendante, mais d’une manipulation administrative orchestrée dans les bureaux du Caire. Ingérences, licenciements suspects et conflits d’intérêts : SunuSport décortique le « braquage » institutionnel.
1. Le « nettoyage » préventif : Pourquoi virer le directeur du Jury ?
L’élément le plus suspect de cette affaire réside dans le timing. Deux semaines seulement avant la réunion cruciale du Jury d’Appel, Véron Mosengo-Omba, Secrétaire Général de la CAF, a brutalement licencié Yassin Osman Robleh, le garant de l’indépendance des instances juridiques.
- Le but ? Libérer la place pour nommer des jurés « sur mesure ».
- L’irrégularité : Mosengo-Omba n’aurait plus le droit de signer de tels actes, ayant dépassé la limite d’âge statutaire depuis le 15 octobre dernier.
2. Un jury « choisi » par l’administration
En l’absence de Robleh, c’est Cédrick Aghey (un proche de Mosengo-Omba nommé illégalement) qui a sélectionné les cinq jurés chargés de trancher le sort du Sénégal.
« Comment un Jury d’Appel, censé être indépendant, peut-il être composé directement par l’administration qu’il est censé contrôler ? » s’interroge l’enquête. C’est ici le point de rupture total avec les statuts de la CAF.
3. Le loup dans la bergerie : Le cas Moez Ben Nasri
Parmi les juges choisis pour valider le titre du Maroc, on retrouve Moez Ben Nasri, président de la Fédération Tunisienne. Son incorporation pose deux problèmes majeurs de conflit d’intérêts :
- Appartenance à l’UNAF : Il siège à l’Union Nord-Africaine de Football aux côtés… du Maroc, partie prenante du dossier.
- Proximité avec Faouzi Lekjaa : Ses liens étroits avec le puissant président de la fédération marocaine jettent un voile d’impartialité impossible à ignorer selon l’article 20 du code disciplinaire de la CAF.
4. Le boulevard juridique pour le Sénégal au TAS
Ces révélations sont une mine d’or pour le « commando juridique » de la FSF (Me Seydou Diagne et consorts). Avec de tels vices de procédure, le Sénégal pourrait obtenir l’annulation du verdict devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) sur la simple forme, sans même avoir à débattre du fond du match.
🦁 L’analyse de SunuSport
Patrice Motsepe semble avoir perdu le contrôle de son institution au profit d’une administration qui bafoue ses propres textes. Le Sénégal n’est pas seulement face à un adversaire sportif, mais face à une crise institutionnelle sans précédent. La réunion du Comité Exécutif prévue ce 29 mars s’annonce électrique : les dirigeants africains, dont Augustin Senghor, vont devoir demander des comptes.
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