Publié le 4 mai 2026
Le chef du gouvernement militaire du Mali, Assimi Goita, a assumé le rôle de ministre de la Défense après l’assassinat du précédent ministre lors du soulèvement de la semaine dernière par des groupes rebelles.
La chaîne de télévision d’État ORTM a rapporté lundi que Goita prenait ce poste à la suite de la mort de Sadio Camara dans des attaques à grande échelle perpétrées par un groupe lié à Al-Qaïda travaillant avec des séparatistes touaregs.
Histoires recommandées
liste de 3 élémentsfin de liste
Le rapport fait état du décret présidentiel selon lequel Assimi Goita restera président tout en assumant ses nouvelles fonctions.
Le général Oumar Diarra, ancien chef d’état-major militaire, a été nommé ministre délégué auprès du ministère de la défense.
Explosion d’une voiture piégée
Lors de l’assaut contre les bastions du gouvernement militaire, il y a plus d’une semaine, Camara a été tué par l’explosion d’une voiture piégée dans sa résidence. Les groupes armés rebelles ont réussi à s’emparer de Kidal, une ville clé du nord, lors de la plus grande attaque menée dans ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis près de 15 ans.
Les combats ont tué au moins 23 personnes, l’UNICEF, l’agence des Nations Unies pour l’enfance, signalant que des civils et des enfants figuraient parmi les morts et les blessés.
Le Mali est en proie à des crises sécuritaires depuis au moins 2012. Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), lié à Al-Qaïda, contrôle de vastes zones de territoire rural, en particulier dans les régions du nord et du centre, et dispose de cellules actives autour de la capitale. De même, la filiale de l’EIIL (ISIS) dans la province du Sahel (ISSP) contrôle des zones dans le nord-est de la ville de Ménaka.
Au même moment, également dans le nord, des séparatistes touaregs armés du Front de libération de l’Azawad (FLA) se battent pour une nation indépendante appelée Azawad. Ils combattent les militaires maliens et les mercenaires alliés russes déployés depuis 2021.
Avec le JNIM, ils contrôlent Kidal, mais souhaitent également que Gao, la plus grande ville du nord, ainsi que Ménaka et Tombouctou, complètent l’État autoproclamé de l’Azawad.
Ces groupes travaillent parfois ensemble : ils opèrent dans les mêmes zones et s’appuient sur le même vivier de combattants issus des communautés lésées. Lors des dernières attaques généralisées, le JNIM a travaillé avec la FLA contre l’armée.
Le gouvernement militaire de Goita a pris le pouvoir après les coups d’État de 2020 et 2021, s’engageant à rétablir la sécurité, mais a eu du mal à y parvenir. Il a rompu les liens avec son ancien dirigeant colonial, la France, et expulsé les forces françaises et les missions de maintien de la paix des Nations Unies.
En juillet dernier, les autorités militaires ont accordé au putschiste Goita un mandat présidentiel de cinq ans, qui peut être renouvelé « autant de fois que nécessaire » sans élection.
Le mois précédent, le groupe russe Wagner, qui assistait les forces maliennes contre les groupes armés depuis 2021, avait annoncé qu’il achèverait sa mission. Il s’agit désormais de l’Africa Corps, une organisation placée sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense.
À la suite des attaques du mois dernier, les rebelles ont annoncé un blocus de la capitale Bamako en représailles au « soutien de la population à l’armée ». Mais ce blocus n’a été que partiellement efficace, selon un correspondant de l’AFP dans la ville.

