Un hommage national a été rendu jeudi à Bamako, en présence du chef de la junte malienne Assimi Goïta et devant des milliers de personnes, au ministre de la Défense Sadio Camara, tué ce week-end lors des attaques rebelles sans précédent contre le régime militaire.
La cérémonie, qui a eu lieu au bataillon du génie militaire situé dans le centre-ville de la capitale malienne, s’est déroulée sous très haute sécurité, avec une forte présence de militaires lourdement armés, a constaté l’AFP.
Des check-points et des barricades ont été également installés sur tous les axes menant sur les lieux, tandis que les forces de sécurité procédaient à un contrôle strict des entrées.
La cérémonie intervient cinq jours après les coordonnées sans précédent menées par des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte, plus que jamais affaiblie.
Visages fermés, des milliers de personnes, parents, proches, amis, officiels du Mali, et des responsables officiels de pays voisins ont participé à la cérémonie, empreinte de solennité et de tristesse.
Les obsèques ont également été marquées par la présence des ministres de la Défense du Niger et du Burkina Faso, qui forment avec le Mali l’Alliance des États du Sahel (AES).
En tenue de combat, le chef de la junte Assimi Goïta a rendu hommage à M. Camara en s’inclinant devant son cercueil recouvert du drapeau vert-jaune-rouge du Mali, sur lequel était posé sa casquette militaire.
Le général Sadio Camara a été tué samedi à Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako et fief de la junte, par un « véhicule piégé conduit par un kamikaze » ayant ciblé sa résidence, selon le gouvernement malien.
Sadio Camara, 47 ans, était une figure clé de la junte et considéré comme l’architecte du rapprochement de ces dernières années avec la Russie. Deux jours de deuil national avaient été décrétés par le gouvernement après sa mort.
Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique, et est en proie à l’incertitude et à la fébrilité après les attaques coordonnées et simultanées de ces groupes armés à travers le pays, qui ont fait au moins 23 morts civils et militaires, selon une source hospitalière.

